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Nouvelles

Février  2017,

On aime bien spéculer au Québec sur les tendances en immobilier. En se basant sur l’année ou les quelques années antérieures, on compile des données, effectue des calculs, publie des statistiques dans de jolis tableaux et, bien sûr, on utilise toute cette belle information pour prédire le futur. Quel plaisir !

Alors, qu’en est-il des prédictions actuelles sur les conditions du marché immobilier pour 2017 ? Le marché favorisera-t-il les vendeurs, les acheteurs, ou  atteindra-t-il un fragile point d’équilibre ? Bien sûr, il n’est pas très raisonnable de généraliser, puisque les conditions varient largement d’un secteur à l’autre et les catégories de propriétés (unifamiliale, copropriété, plex).

Mais bon, si on ne généralise pas un peu, on ne peut tirer aucune conclusion et on reste dans une zone grise. Or, comme nous avons horreur du gris, nous jouons le tout pour le tout et affirmons que : LE MARCHÉ IMMOBILIER 2017 SERA LARGEMENT UN MARCHÉ D’ACHETEURS.

Voilà, nous l’avons dit ! Maintenant allons-y de quelques explications et nuances, afin d’équilibrer le tout.

 

Qu’est-ce qu’un marché d’acheteurs ou de vendeurs ?

On entend souvent la phrase « Le marché immobilier est actuellement un marché d’acheteurs, ou un marché de vendeurs ». Mais qu’est que cela signifie en fait, et quels sont les critères sur lesquels on se base pour parvenir à de telles conclusions ?

La réponse est simple : un marché d’acheteurs signifie qu’il y a beaucoup plus de propriétés à vendre sur le marché que d’acheteurs potentiels. Les acheteurs ont donc l’embarras du choix et souvent, pour être compétitifs et réussir à vendre leur propriété, les vendeurs revoient leur prix à la baisse.

Inversement, lorsque le marché est aux vendeurs, l’offre de maisons à vendre est relativement faible comparé à la demande. Cela donne le gros bout du bâton aux vendeurs qui peuvent alors augmenter leur prix.

On estime que dans des conditions de marché équilibré, on retrouve  autour de 10 vendeurs pour un acheteur.  

Pour déterminer les conditions du marché dans un secteur donné, la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) se base principalement sur le nombre de mois d’inventaire. Ce nombre correspond au laps de temps nécessaire pour écouler tout l’inventaire de propriétés à vendre dans ce secteur. On divise en fait le nombre moyen d’inscriptions des 12 derniers mois par la moyenne des ventes réalisées au cours de cette même période. Le résultat obtenu détermine si le marché favorise les vendeurs, les acheteurs, ou est équilibré.

 

Les conditions du marché selon de nombre de mois d’inventaires

Tendances des conditions du marché immobilier des Agglomérations pour 2017

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Dans les agglomérations de la province, le marché en est principalement un d’acheteurs, comme le démontre le tableau ci-dessus. Il n’y que les régions de Joliette, Rouyn-Noranda, Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Lin-Laurentides, Val-d’Or et Victoriaville, où le marché de l’unifamiliale tend vers un équilibre vendeurs-acheteurs. Toutes les données disponibles sur les marchés de la copropriété et du plex pointent vers un avantage du côté des acheteurs.

 

Quoi d’autre encore pour favoriser un marché d’acheteurs ?

La réponse est simple : moins d’acheteurs. Malheureusement, les experts ont la certitude que 2017, contrairement aux années précédentes, n’échappera pas à une hausse des taux hypothécaires. Ceux-ci ont d’ailleurs déjà commencé à grimper.

Les raisons ?

Primo, l’élection de Trump et ses politiques inflationnistes entraînant, chez nos voisins comme ici, des taux obligataires plus élevés qui influenceront à leur tour nos taux hypothécaires à la hausse.

Secundo : le resserrement des règles de prêt hypothécaire au Canada feront également augmenter les taux, selon la FCIQ. On s’attend à une hausse de 0,25 à 0,5 % d’ici la fin 2017.

Résultat possible : moins d’acheteurs et donc, une offre supérieure à la demande qui pourrait donner du fil à retordre aux vendeurs.

Mais il y a pire : les fameuses règles hypothécaires mises en place par le fédéral feront du tort au marché en général et affecteront significativement les ventes. Parmi les mesures restrictives, la plus dommageable est le test de simulation de crise des taux d’intérêt, qui touche tous les acheteurs avec une mise de fonds de moins de 20 %.

« En vigueur depuis le 17 octobre dernier, cette mesure oblige les emprunteurs à répondre aux critères d’octroi d’un prêt au taux d’intérêt de référence publié par la Banque du Canada plutôt qu’au taux réellement consenti par l’institution financière. Or, au moment d’écrire ces lignes, ce taux de référence est de 4,64 %, soit près de 2 points de pourcentage au-dessus des taux négociés avec la plupart des prêteurs. » FCIQ, janvier 2017.

Les deux conséquences probables de la chose :

  1. L’exclusion d’un bon nombre d’emprunteurs : on estime ce nombre à 5000-6000.
  2. Une réduction du prix maximal des prêts accordés par les institutions et ce, de plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Encore une fois, ceci fera baisser le nombre de transactions immobilières qui seront conclues en 2017, et limitera de plus les hausses de prix. Les acheteurs se retrouveront donc avec plus de choix à meilleur prix. Mais malheureusement, tous les acheteurs potentiels ne verront pas leur rêve de devenir propriétaire se réaliser cette année. Et bien sûr, les vendeurs en pâtiront.

 

Et la finale de cette histoire…

Eh bien, les acheteurs seront généralement favorisés cette année mais les conditions de marché, au niveau de l’unifamiliale, seront tout de même relativement stables. Montréal nous surprend avec un marché immobilier florissant et le seul au Québec à favoriser les vendeurs dans les ventes d’unifamiliales. Gatineau n’est pas loin derrière et nous donne une belle leçon d’équilibre.

En ce qui concerne la copropriété et le plex, l’avantage au niveau de la province est clairement aux acheteurs, sauf pour Montréal encore une fois, où les vendeurs seront probablement favorisés en 2017. Si la tendance se poursuit, Trois-Rivières atteindra le point d’équilibre dans les ventes de plex.

Enfin, les hausses des taux hypothécaires et les nouvelles règles fédérales mises en place n’augurent rien de bon pour les vendeurs, ni pour les acheteurs avec un budget limité. Pour l’instant, on s’attend à ce que les retombées négatives ne soient pas trop intenses en 2017, mais comme on dit, QUI VIVRA VERRA !